La leçon de pose

Editions de l’Age d’Homme, 1994.

ISBN 2-8251-0555-4

https://www.lagedhomme.com/

«Moi, j’aurais aimé enfoncer un couteau dans sa glaise. Détruire tous ces corps qui ne me ressemblent pas. Ou qui me ressemblent trop. Gratter ces visages de terre avec mes ongles jusqu’à en saigner. Pour qu’inlassablement il les recommence. Stopper son œuvre, afin que s’éternisent ces séances de pose.»

Un été torride à Paris, une chanson de Lou Reed. Et la rencontre entre la jeune Elisa, danseuse aux attaches délicates, et Jarvis, sculpteur aux mains puissantes. Elle a besoin de son regard pour exister, il veut remodeler son corps pour la posséder jusqu’à l’excès et entretenir son désir afin de poursuivre son œuvre.

Dans le grand atelier, elle pose pour lui, le corps en attente d’être pris dans la glaise. Statue lisse, coulée dans de la matière froide, Jarvis la plie à ses volontés pendant d’interminables séances de pose. Mais la danseuse se rebelle. Elle veut s’offrir au regard de ce tailleur de pierre qui lui vole son intimité. Il l’a assimilée à son œuvre, elle est jalouse de ses sculptures.

Une histoire de chair et de pierre. Sensuellement chaste, obsessionnellement charnelle. Un jeu de séduction, tissé d’ambiguïté, de possession et de dépossession.

 

« ( …) l’intérêt du récit est précisément dans le refus du charnel facile, la narratrice et le sculpteur se trouvant toujours l’un et l’autre assez fort pour sauvegarder la fascination pure de l’attente, se sublimant inlassablement dans la glaise ou dans le travail de la danse, et cela sans narcissisme aucun. Vif, bref, efficace…ce deuxième livre confirme Vinciane Moeschler en une écrivaine intense et originale ». Le nouveau quotidien.

« …Son amour des mots s’étoffe dans un style littéraire; ses envolées lyriques nous entraînent sans peine dans un monde où la poésie s’entrelace harmonieusement aux interrogations de la vie (…) Subtilement transcrit, ce paradoxe des sentiments apparaît, au fil des pages. » Marie-Claire.

« Entre un père lointain et désiré, et la passion de la danse, Elisa vit une relation sado-platonico-tordue avec le sculpteur fêlé qui la fait poser. Entre voyeurisme et le syndrome de Stockholm ». Charlie Hebdo.